Les idées viennent des individus, et il est important pour les dirigeants d’une organisation de savoir compter avec les neurones de tous leurs collaborateurs. L’intelligence collective est puissante et la prendre en compte permet de relever de formidables défis. Les cellules d’un organisme agissent de concert, et il est important de donner les moyens aux membres d’une organisation de faire de même, avec l’aide de la culture de l’organisation.
Ainsi, si l’innovation est tout à fait utile, il faut marquer la différence entre son intérêt individuel ou collectif. L’idée vient souvent d’un seul individu, mais est presque tout le temps issue d’une dynamique de groupe consciente ou inconsciente. C’est ensuite l’utilisation égoïste ou collective de cette idée qui change par contre la suite des événements.
Une innovation opportuniste (cancérigène) se dira donc d’une innovation qui va à l’encontre du projet de base de l’organisation, ou qui n’est pas suffisamment partagée dans le groupe. De nombreux exemples ont été cités dans les textes de cet ouvrage.
Une innovation évolutive a lieu lorsqu’il y a concertation entre les membres de l’organisation ou du service. Qu’elle que soit l’idée, il est important qu’elle soit, officiellement ou non, partagée par tout le monde et que chacun puisse se l’approprier. Il existent déjà pour cela des outils de "knowledge management "et d’animation de groupe très puissants.
Une innovation évolutive peut aussi être bridée si elle a lieu dans un environnement aux volontés excessivement stabilisatrices. Les Hautes Ecoles françaises pratiquaient par exemple depuis fort longtemps le bizutage. Si cette pratique répugnante est si difficile à éradiquer c’est aussi et surtout dû à l’importance du poids culturel qui pèse sur les élèves qui continuent eux-mêmes à agir de la sorte et sur les enseignants. Il va de l’intérêt d’une organisation de savoir éduquer aux avantages d’une nouvelle innovation.