Si les forces naturelles du monde (la gravitation universelle par exemple) avaient pu poursuivre jusqu’à leurs limites leur aptitude à souder la matière, l’univers serait infiniment monotone. Si la météorologie terrestre était le fruit de 2 ou 3 règles très simples, il n’y aurait plus de saisons depuis déjà fort longtemps. Dans une entreprise, si toutes les personnes étaient identiques, elle n’aurait très vite plus d’idées pour réagir aux modifications de l’environnement économique.
Un système en déséquilibre tend à rejoindre l’équilibre. Mais aussitôt celui-ci atteint, il continue sa course, entraîné par sa force d’inertie et son mouvement créatif. Et c’est tant mieux, car il provoque ainsi du nouveau ! Un monde statique et inchangeant serait forcément monotone.
Aujourd’hui, après quinze milliards d’années, il est facile de constater que les forces naturelles n’ont pas eu cartes blanches et qu’elles n’ont pas épuisé leurs aptitudes, n’ayant jamais encore réussit à atteindre l’équilibre. Pourquoi ? Parce que l’univers est en expansion, en mouvement. Et même s’il tendait à ralentir son expansion, puis à rejoindre un certain équilibre, il commencerait ensuite à rentrer en impansion, ce qui ne permettrait pas non plus aux forces naturelles de s’équilibrer.
Il en va de même dans le monde des organisations. L’économie et les écosystèmes sont sans arrêt en mouvement, et provoquent naturellement des déséquilibres. Les accepter, et reconnaître leurs atouts pour nous adapter à ce monde changeant, permet de s’y mouvoir plus aisément.
Déplacements de marchés, cycles événementiel ou émotionnel d’un groupe de jeunes en stage scientifique, distribution des énergies, des informations ou de la matière... tout est à la fois réglé par les grandes règles écosystémiques et à la fois soumis aux déséquilibres. Le monde des systèmes vivants est à la fois changement et non-changement.